Jean-Pierre Treiber a passé sa première journée à Fleury-Merogis, arrêté dans un petit appartement de Meudon dix semaines après son évasion de la prison d'Auxerre. Les personnes accusées de l'avoir aidé à échapper à la police doivent être présentées devant un juge d'instruction dimanche. Ils peuvent être poursuivies pour « recel de malfaiteurs » et risquent un maximum de trois ans d'emprisonnement.
Selon le directeur centrale de la PJ Christian Lothion, l'homme accusé des meurtres de Géraldine Giraud et de Kathia Lherbier ne s'était pas installé dans les bois, profitant de son expérience de garde forestier pour échapper à la traque des policiers, comme il le racontait dans ses courriers.
« Il n'était pas dans le froid et l'humidité, se nourrissant de vers de terre » a-t-il indiqué à la presse samedi. « Physiquement, il est parfait comme quelqu'un qui vit chez lui tranquillement qui n'a jamais passé plus de dix minutes dans les bois », a aussi commenté vendredi soir Amaury de Hauteclocque, à la tête du Raid.
Reste que la saga Treiber rejoint désormais celles de Jacques Mesrine, Yvan Colonna, Albert Spaggiari ou Roman Polanski : la fuite peut transformer un suspect ou un criminel confirmé en héros, suscitant davantage de fascination que de réprobation. Ces cavales médiatiques se sont pourtant toutes mal terminées. Toutes, sauf une…
Mesrine : la cavale de trop
Jacques Mesrine était un spécialiste de la cavale, mais la dernière lui sera fatale. Elle avait débuté en mai 1978, par une évasion de la prison de la Santé. Elle s'achève le 2 novembre 1979, sous les balles de la police.
Comme à son habitude, Mesrine avait largement médiatisé sa cavale. En braquant une banque et un casino, ou en laissant pour mort un journaliste de l'hebdomadaire d'extrême-droite Minute.
Preuve qu'il fascine toujours : sa vie a été adaptée l'écran dans deux films de Thomas Langmann. Etait-il un gangster dangereux ou un nouveau Robin des bois ? Le soir de sa mort, Antenne 2 semble presque rendre hommage à « l'ennemi public numéro un » :
« Il a veillé à construire son personnage, à nourrir sa légende. Mais saura-t-on jamais le ressort secret de cette vie errante, courageuse sans doute mais bâtie sur le crime, et en définitive gâchée ? » (Voir la vidéo)
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Colonna : une cavale politisée
« La police française a arrêté Yvon Colonna, l'assassin du préfet Erignac » : le 4 juillet 2003, Nicolas Sarkozy rayonne. Le ministre de l'Intérieur annonce la fin d'une cavale qu'il a contribuée à médiatiser, et à politiser.
Yvan Colonna a pris la fuite en mai 1999, dans le maquis corse. Dès sa nomination, en 2002, Nicolas Sarkozy assure qu'il en fait une affaire personnelle et que, lui, obtiendra des résultats. Ce 4 juillet 2003, il affirme donc sous les applaudissements :
« Oui, y a vraiment quelque chose qui est changé dans notre République, c'est que maintenant nous faisons ce que nous disons. »
Et tant pis pour la présomption d'innocence : Yvan Colonna n'est pas encore « l'assassin du préfet Erignac », mais un simple suspect. Son procès, en 2009, ne mettra pas fin à la polémique. (Voir la vidéo)
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Polanski : une cavale oubliée
Roman Polanski était en cavale, mais tout le monde l'avait oublié. Tout le monde, sauf ces policiers de Los Angeles dont Armelle Vincent, blogueuse sur Rue89, a dressé le portrait. Le 26 septembre, le réalisateur a été arrêté en Suisse, alors qu'il se rendait à un festival.
Le réalisateur reste poursuivi aux Etats-Unis pour « relations sexuelles illégales avec une mineure ». Il avait fui en Europe en 1978. Son arrestation lève une forte polémique franco-américaine, Polanski recevant le soutien public du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand.
Cet épisode de la vie de Polanski était resté éclipsé par ses films, son enfance dans le ghetto de Varsovie et le meurtre de sa femme par Charles Manson. En 1979, lorsqu'il reçoit le réalisateur, Jean-Pierre Elkabbach lui trouve « une certaine odeur de soufre ». (Voir la vidéo)
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Spaggiari : une cavale réussie
Albert Spaggiari, cerveau présumé du « gang des égoutiers », n'a jamais été rattrapé : il est mort libre, mais caché. Pendant douze ans, il a nargué la police et joué avec les médias.
En juillet 1976, Albert Spaggiari et ses complices vident les coffres de la Société Générale à Nice, en passant par les égouts. Première cavale, jusqu'en octobre. En mars 1977, Spaggiari s'évade lors d'une audition chez le juge d'instruction, en sautant par la fenêtre. On ne le rattrapera plus.
Il meurt d'un cancer en 1989, à 55 ans, en Italie. Entretemps, il a publié plusieurs livres et, consécration, Bernard Pivot est venu l'interviewer pour l'émission littéraire « Apostrophes ». Il explique comment il est devenu « passe-partout » et, visiblement, cela l'amuse beaucoup. (Voir la vidéo)
Ce week-end se tient la première édition du salon littéraire méditerranéen de Marseille. Des écrivains des deux rives parlent littérature, paix et politique.
« - Mais pourquoi avoir invité une Française [Lydie Salvayre, ndlr] à un festival littéraire méditérranéen ?
- Parce que la Méditerranée, c'est aussi en France…
- Oui mais c'est tout en bas de la France ! »
Cet échange est raconté par Pierre Assouline. Le directeur du festival littéraire méditerranéen tient cette anecdote pour gage de la difficulté à définir une identité euroméditerranéenne.
« Européen, Méditerranéen, Français, banlieusard… moi, j'ai 25 ans et je m'y perds », intervient un lecteur, alors que les écrivains invités tentent, au cours d'une table ronde, d'apporter des éléments de réponse.
Le débat est progressivement passé de littéraire à très, très politique. A mesure que chacun exprimait sa Méditerranée idéale, les indignations se sont faites plus prononcées.
D'abord Nedim Gürsel. Le Franco-Turc a immédiatement fustigé une autre assemblée méditerranéenne ; l'Union pour la Méditerranée (UPM) de Nicolas Sarkozy :
« Quand le président Sarkozy l'a lancée, cette initiative a été ressentie comme une stratégie pour détourner la candidature de la Turquie. La Turquie pose problème.
On peut être contre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, il y a des hommes politiques qui ont des arguments. Mais à travers le discours de Sarkozy, c'est un rejet de l'autre. Il a dit : “Si la Turquie était européenne, ça se saurait.”
Je pense que la France a un problème identitaire. J'aime la France, ce pays qui m'a accueilli mais je trouve déplacé ce débat sur l'identité nationale. Je me demande si la France n'a pas perdu confiance en elle. »
Il évoque Nazim Hikmet, poète joliment topographe : « La Turquie, ce pays venu au galop de l'Asie lointaine ressemble à une jument qui trempe sa tête dans la Méditerranée. »
Ce que Nedim Gülser souhaiterait que l'on retienne de l'histoire commune de ces deux rivages, ce sont les amours. Il se souvient de Venise où il a écrit l'érudit « Turbans de Venise » :
« J'avais loué un studio lugubre pour écrire. J'ai alors accepté une invitation dans le sud de l'Italie. Pour le soleil.
On nous a emmené, avec d'autres écrivains, dans une église. Le guide nous a montré des ossements et a dit : “Voilà ce que les Turcs ont fait.” Moi qui espérais trouver le soleil… »
En rentrant à Venise, Nedim Gürsel a trouvé matière à écrire.
Renonçant à relater les conflits entre Turcs et Italiens, l'écrivain a fait de son personnage principal un passionné d'histoire de l'art et de Bellini, peintre vénitien, allé à Istanbul faire le portrait du sultan Mehmet le Conquérant (ci-contre, visible actuellement dans l'expo « de Byzance à Istanbul », dans les Galeries du Grand Palais, à Paris) :
« Ce bassin, ce ne sont pas que des guerres. Ce sont aussi des échanges. »
L'intervention d'Andrea Bajani, jeune écrivain italien, rappelle brutalement que d'un pays l'autre, on ne parle pas de la même mer :
« Pour les Italiens, la mer Méditerranée, c'est l'endroit où l'on meurt. C'est l'endroit où meurent ceux qui veulent entrer en Europe, en Occident.
Les photos que l'on voit, en grand, de la Méditerranée, ce sont celles où l'on voit des morts. »
Résidant à Malaga, au sud de l'Espagne, Antonio Soler acquiesce :
« Ce que dit Andrea est juste. Depuis Tanger, on voit l'autre. L'autre monde. A la télévision, dans les publicités… C'est vrai, la Méditerranée est un lieu de mort, c'est vrai.
Il y a vingt-cinq ans, c'étaient nous, les Espagnols, les immigrés. »
Andrea Bajani, dont le roman se déroule en Roumanie, fait observer l'impossibilité aujourd'hui de parler d'une maison européenne commune :
« J'étais en Roumanie pour mon roman en 2007. On parle toujours des immigrés qui viennent chez nous, jamais on ne parle de ce que nous faisons là-bas. On parle d'intégration des peuples étrangers chez nous, mais on ne parle jamais de nous là-bas.
En Roumanie, j'ai vu l'Europe A et l'Europe B. Et ça nous arrange de maintenir l'Europe B dans la pauvreté. On va là-bas parce que c'est pauvre. »
Une mer à l'histoire guerrière, aujourd'hui encore. L'Israélien Abraham B. Yehoshua parle du succès de la littérature et du cinéma de son pays. Il le lie évidemment à la guerre, à ce qu'elle apporte de puissance aux oeuvres.
La Palestine, elle, n'est pas représentée. Une poétesse a dû se décommander pour des raisons d'agenda. L'autre ne souhaitait guère se retrouver face à un Israélien.
Pessimistes nos écrivains méditerranéens ? Du tout. Tous semblent rejoindre le constat de Camille de Toledo, auteur d'un essai sur la tristesse européenne :
« Lorsqu'il demande ce que les pays européens ont en commun, la réponse est que l'Europe a seulement un passé en commun, la dernière guerre et là voilà, la tristesse européenne, l'incapacité à regarder devant. Ce qu'il dit, c'est qu'il faut avoir un avenir en commun.
C'est vrai. D'ailleurs il invente un mot assez juste pour parler de l'Europe, l'ontologie avec un “h”, la hontologie. »
D'oh ! On savait que le couple Sarkozy, un homme politique deux fois divorcé et une ex-mannequin devenue chanteuse, excitaient les curiosités aux Etats-Unis. Les voilà seconds rôles dans un épisode des « Simpson », série créée en 1989 et qui fait désormais partie du patrimoine américain.
L'épisode concerné, le cinquième de la 21e saison, a été diffusé le 15 novembre aux Etats-Unis et s'appelle « The Devil Wears Nada » (« Le diable s'habille en nada », référence au titre du roman de Lauren Henderson, « Le diable s'habille en Prada », adapté au cinéma avec Meryl Streep).
Homer Simpson est en voyage à Paris, comme assistant de Carl Carslon, son ami d'enfance et collègue de travail. Lors d'un cocktail, ce dernier se fait aborder par une vamp, qui jette rapidement son dévolu sur Carl.
Homer découvrira un peu plus tard qu'il s'agit de Carla Bruni. De retour à Springfield, il menace Carl de révéler à Nicolas Sarkozy avec qui il a joué à « cache la baguette ». Et converse brièvement avec le président français. (Voir la vidéo)
L'épisode est une bonne occasion pour les scénaristes de jouer avec tous les clichés sur la France : l'accent, le fromage, la bise entre hommes, la nymphomanie des Françaises…
Ce n'est pas la première fois que la série brocarde le « plus vieil allié » des Etats-Unis. Les références abondent au fil des épisodes, me rappelle Pascal Riché, grand fan des aventures de Marge, Homer et Bart, Lisa et Maggie.
Alors que Jacques Chirac et George W Bush s'affrontaient sur l'opportunité d'intervenir en Irak, un épisode montrait ainsi l'un des personnages, un Ecossais chargé d'enseigner le français, commencer son cours par un tonitruant « Bonjourrrrrrrrr, yah cheese-eatin » surrender monkeys ! » (« Bonjour, bande de singes mangeurs de fromage qui se rendent face à l'ennemi ! »). L'expression avait fait florès.
Selon l'AFP, « l'Elysée s'est refusé à tout commentaire sur cette prestation. » Nicolas Sarkozy et Carla Bruni entrent en tout cas dans le club très VIP des « guest-star » de la série créée par Matt Groening, de Mick Jagger à Pete Sampras en passant par Bill Clinton.
Sauf oubli dans la liste de Wikipédia, ce sont les premiers Français à y figurer. De Gaulle et Tintin peuvent bien être aperçus, comme le relèvent Jck et Michaelski dans les commentaires de cet article, mais le premier n'apparaît que très brièvement et dans séquence d'archives, et le second est… belge.
► Mis à jour le 22/11 à 11h10. Avec les apparitions de Tintin et De Gaulle signalées dans les commentaires.
Le Théââtre ! Un milieu qui ne m'est pas familier. J'ai bien joué quelques pièces de patronage étant jeune, et admiré les costumes de Donald Cardwell et les décors de Roger Harth sur le petit écran familial. Mais je pensais que ce n'était pas trop pour moi, c'est élitiste, trop cher, sûrement ennuyeux et bourgeois.
Invité par le Théatre national de Bretagne (TNB) à suivre ce mois ci le festival « Mettre en scène », je n'ai pas boudé mon plaisir de me faire une idée sur la scène d'aujourd'hui, et de remiser mes clichés. Quel menu ! Pas moins de 23 spectacles, allant de la danse aux « performances », en passant par des mises en scène d'auteurs et des inventions scéniques, très variées.
Au rayon clichetons, dès le premier soir, au spectacle « Sombreros » de Découflé, j'entends derrière moi une théâtreuse aguerrie , prendre la voix d'Arielle Dombasle pour vanter une performance vue « en Avignon ».
Je pouffe, ce qui me met en condition pour profiter du show tout en ombres et lumières dans laquelle Christophe Salengro (connu comme le président de la présipauté de Groland), fidèle à Découflé, joue sa partition burlesque.
Très beau spectacle qui sera plébiscité tout au long du festival. Alliant grâce, poésie, trouvailles d'éclairage, ce jeu sur les ombres entraîne la troupe dans un sarabande jubilatoire, pour un spectacle « grand public » au sens le plus noble du terme.
Bel hommage au cinéma muet, à Cyd Charisse et Nosfératu, avec une musique « live » allant de Brian Eno à Sébastein Libolt. (Voir le panoramique)
Cliquez ici pour voir le panoramique de Stéphane Mahé
Bon démarrage, mais dès le lendemain, premier couac. Création de « 399 secondes » avec une mise en scène de Stanislas Nordey. Décor blanc, minimaliste, acteurs en blanc. Cette pièce, jouée sur un texte de Fabrice Melquiot autour des questionnements et des choix radicaux d'une jeunesse à la dérive, est le bide du festival.
Texte déclamé, et postures rappelant âprement le théâtre expérimental des années 70, avec ce qu'il a de plus ennuyeux. A fuir.
On se rattrape avec « La Paranoïa » de Rafael Spregelburg, mise en scène par Marcial di Fonzo Bo et Elise Vigier, une invitation à se perdre dans les méandres des processus créatifs. Le spectateur se trouve largué au milieu d'une équipe improbable chargée, rien de moins, de sauver le monde par la création. Mise en scène turbulente et inventive , avec appui de la vidéo dans un jonglage de mots très excitant.
Voir « Hiroshima, mon amour » un 11 novembre, jour de l'armistice ! « What else » ? Sur le chemin des dames endimanchées, je croise Laure Adler, qui s'esbaudit de voir tant de monde au théâââtre un tel jour, et de plus en province !
Je n'oublierai jamais cette pièce, déjà saluée sur Rue89 par Jean-Pierre Thibaudat, ni la sensualité des corps nus de Valerie Lang, troublante, forcément troublante, et de Hiroshi Ota. Christine Letailleur signe une mise en scène magnifique de simplicité sophistiquée, en servant le texte de Duras qui résonne encore longtemps par la voix de Valerie Lang.
Malgré les efforts engagés par le TNB pour permettre à tout public de venir voir les pièces grâce à des tarifications très honorables (des pass à 65 euros pour 23 pièces et des tarifs spéciaux, étudiants, chômeurs… : pari réussi vu les salles pleines), il manque une folie « festival ».
Si le bar et le restaurant du TNB restent un lieu de rencontres et de libations, c'est froid et figé. Un peu trop propre, et coincé ! D'accord, on n'est pas la Route du Rock, mais un peu plus de fantaisie et de lieu de lâcher prise ne nuirait pas.
Pour une ambiance plus punk, il fallait aller rencontrer le monde radical et nihiliste de Rodrigo Garcia, et son dernier opus « Muerte y reecarnation en un cow-boy ».
Garcia ne s'embarrasse pas de conventions, et ses deux comédiens se livrent à une lutte débridée entre Eros et Thanatos, riffs déchirés de guitares hurlantes, de corps nus se griffant, se battant, s'enlaçant, ou mimant l'auto fellation. Avant de nous titiller, dans un dialogue de fin… interminable, sur nos normes, nos valeurs. Violent et salutaire.
Le théatre, affaire d'intellos ? C'est une affirmation qui ferait se marrer André Robillard, qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions dix minutes avant le début du spectacle (Voir et écouter le panoramique)
Voir le panoramique de Stéphane Mahé
C'est qui, André Robillard ? Un drôle de zigue, qui vit dans un monde parallèle, en compagnie de ses oiseaux, de ses bricolages-sculptures de fusils, et de ses tableaux. Un peintre de la collection d'art brut de Lausanne. Un artiste iconoclaste découvert par Dubuffet et qui, à bientôt 80 ans, est étonné comme un môme de faire « l'acteur » avec les comédiens de la compagnie Les endimanchés qui l'accompagne et le bichonne, pour le magique « Tuer la Misère ».
Traumatisé par la guerre et les bombardements, il « résiste » en détournant l'horreur pour jongler avec elle, en la chantant , la plagiant, et la rendant… poétique. André Robillard, que Jean-Pierre Thibaudat avait aussi remarqué, est un cristal brut qui nous dit que l'art l'a sauvé de la misère :
« On pourrait même se demander si l'art c'est pas puissant. […] C'est le machin d'artiste de l'art qui a fait disparaître la misère. Détruire la misère c'est pas rien. C'te sacrée misère… »
La cote publicitaire de Thierry Henry, égérie de Gillette ou Pepsi, a chuté depuis sa « main » volontaire, qui a permis de qualifier la France pour le Mondial 2010 lors du match contre l'Irlande mercredi. Gilles Dumas, directeur général de l'agence de marketing Sportlab, explique comment le footballeur peut la remonter : « jouer au basket dans un maillot irlandais ».
La « main » de Thierry Henry peut-elle vraiment nuire à sa carrière publicitaire ?
Son image est entachée, au moins à court terme. L'actualité va vite, puisque maintenant on parle surtout de Jean-Pierre Treiber, mais j'ai peur qu'on mette du temps à l'oublier. C'est possible en France, mais ce sera difficile sur le marché anglo-saxon.
Thierry Henry n'a pas l'aura protectrice de Zidane. Lui, malgré son « coup de boule », on lui accorde tout : c'est la différence entre un demi-Dieu et un simple joueur. Et pourtant, on ne peut pas comparer la gravité de leurs gestes : Thierry Henry a fait un geste de footballeur, il n'y a pas eu de violence.
Pourquoi Gillette, Pepsi ou Reebok ont-elles misé sur Thierry Henry ?
Il n'a pas une image exceptionnelle comme Zidane. Les marques l'ont choisi comme elles en auraient choisi un autre, mais il s'est très bien vendu. En Angleterre, il s'est doté d'une stature internationale. Et puis, c'est un beau garçon, c'est un attaquant et pas un défenseur, et il a quand même marqué des buts exceptionnels.
Mais Thierry Henry avait déjà une réputation difficile auprès des marques, il a l'habitude de quitter ses sponsors pour le plus offrant. Il a abandonné Coca pour Pepsi, Nike pour Reebok ou, dans les jeux vidéos, Electronic Arts pour Konami. Un contrat, c'est une histoire d'argent mais c'est aussi une relation humaine : pour les sponsors, c'est un joueur qui manque d'affectif.
Alors, les sponsors vont-ils abandonner Thierry Henry ?
Ce sera difficile pour de nouvelles marques de venir le chercher. Sa main ne suffit pas pour casser les contrats actuels, mais les sponsors vont se poser des questions sur la manière d'utiliser Thierry Henry. Par exemple, quand Eric Cantona a jeté son maillot, Nike l'a gardé mais a décidé de jouer sur l'image de mauvais garçon.
C'est difficile quand on a une communication très « corporate » [sérieuse et premier degré, ndlr] et qu'on est une grosse multinationale, comme Gillette. En revanche, Reebok et Pepsi peuvent se permettre de jouer le décalage. Si j'étais une marque, je ferais un spot avec Tony Parker apprenant le basket à Thierry Henry. Et on pourrait le faire jouer au basket dans un maillot irlandais.
Cela menaçait de devenir la grande polémique politico-intellectuelle des prochains mois : c'est peu dire que le projet prêté à Nicolas Sarkozy de transférer les restes d'Albert Camus au Panthéon commençait à faire des vagues. Plus parce que c'est Sarkozy que parce que c'est Camus. Jean Camus, le fils de l'écrivain, y a mis fin samedi en s'opposant au transfert des restes de son père au Panthéon.
Selon Le Monde, Jean Camus estimerait qu'une telle décision serait un « contresens » sur la vie de l'auteur de « L'Homme révolté ». Il craindrait une « récupération » de son père par le chef de l'Etat. L'autre enfant de l'écrivain, Catherine Camus, s'est de son côté montrée plus partagée, face à une question qui la « dépasse ».
Ce n'était jusque-là qu'un projet, confirmé par le président lui-même :
« C'est vrai que j'ai pensé que ce serait un choix particulièrement pertinent que de le faire entrer au Panthéon ».
On voaitt cependant monter les termes de la polémique. Dans un passionnant entretien à Josyane Savigneau dans Le Monde daté du 20 novembre, Olivier Todd, biographe d'Albert Camus, a sonné la première charge :
« Ces mois-ci, on s'apprête à rebarbouiller l'icône. Les prétoriens intellectuels récupérateurs de l'Elysée lancent la grande manoeuvre pour, figurez-vous, je vous le jure, le “panthéoniser” ! Camus n'est ni exemplaire ni édifiant. Il permet de réfléchir. Qu'on le lise au lieu de débiter des généralités sans comprendre son parcours. »
Sur Bibliobs.com, un autre auteur qui s'est beaucoup intéressé à l'oeuvre de Camus, Jean-Yves Guérin, qui vient de diriger un important « Dictionnaire Albert Camus » (coll. Bouquins), s'insurge lui aussi contre cette idée :
« S'il est une personnalité qui mériterait de reposer au Panthéon, c'est bien l'écrivain, le penseur, le citoyen qu'est Camus. Mais pas du Panthéon que nous connaissons, d'un Panthéon idéal où il rejoindrait non seulement Zola, Jaurès et Malraux, mais aussi de Gaulle, Mendès France, Manouchian, Baudelaire, Proust, Beckett…
Camus avait choisi d'être enterré à Lourmarin, dans le village qui l'avait accueilli, loin de Paris, de ses palais et de ses élites. Qu'on l'y laisse. »
Le mot est lâché : « récupération ». S'agit-il d'une extension du domaine de l'« ouverture » aux morts ? Camus, après le résistant communiste Guy Môquet dont Sarkozy fait lire la lettre chaque année dans les écoles au grand dam de certains profs ?
Ou s'agit-il simplement d'un hommage légitime de la nation à l'un de ses fils brillants, fut-il de gauche, que le Panthéon est justement censé honorer ?
L'expérience des deux ans et demi écoulés de l'ère Sarkozy pousse évidemment à la première hypothèse, même si le chef de l'Etat revendique une bonne connaissance de l'oeuvre de Camus.
Bien avant cette idée de « panthéonisation », il avait organisé en 2007 un déjeuner à l'Elysée à l'occasion du 50e anniversaire du prix Nobel de littérature reçu par Albert Camus, en présence de la fille de l'écrivain et de plusieurs écrivains dont justement Olivier Todd qui s'insurge aujourd'hui contre ce projet. A l'époque, Sarkozy avait déclaré :
« Grâce à Albert Camus, j'ai la nostalgie, chaque fois que je vais en Algérie, de ne pas être né en Afrique du Nord… »
Le calcul de l'Elysée, dans ce projet de cérémonie au Panthéon, est évidemment de jour sur l'image consensuelle qui entoure désormais Albert Camus, paré de toutes les vertus, notamment celles d'avoir été plus vigilant et cohérent que Jean-Paul Sartre sur tous les enjeux intellectuels et politiques de l'après-guerre, le communisme ou la guerre d'Algérie.
Même si la réalité est un peu plus complexe, comme le montre très bien Olivier Todd, pourtant plus « camusien » que « sartrien », dans l'entretien du Monde déjà cité.
A un moment où il n'y a guère de consensus autour du Président, pas non plus de vrai « projet de civilisation » dans cette France et ce monde en crise, faire appel à un intellectuel devenu mythique peut aider… le président ? A voir.
Il reste le petit bout de la lorgnette, celui qui, hélas, a conduit à de nombreux choix présidentiels dans l'« ouverture » depuis deux ans et demi, le plaisir d'affaiblir un peu plus le camp opposé, soit en lui prenant quelques personnalités qui acceptent le « transfert » comme au foot, à l'image de Bernard Kouchner, soit en lui prenant « ses » grands morts, comme Guy Môquet.
Albert Camus, rappelle Olivier Todd dans Le Monde, s'est toujours revendiqué à sa manière de la gauche. Todd rappelle cet échange avec l'écrivain :
« M. Camus, appartenez-vous encore à la gauche ? » « Oui, malgré elle et malgré moi. »
Et Todd de conclure : « D'actualité, non ? »
Au bout du compte, vous n'aurez pas à frémir en entendant Nicolas Sarkozy emprunter des accents à la Malraux pour dire un jour prochain :
« Entre ici Albert Camus »…
Pour imaginer la scène, je ne peux m'empêcher de vous offrir ce grand moment que fut justement le transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon, le 19 décembre 1964, avec les paroles restées célèbres d'André Malraux (voir la vidéo de l'INA)
► Mis à jour le 21/11 à 19h. Aprèss le refus du fils de Camus d'autoriser le transfert.
Deux doigts de délation, un peu de suveillance, du mouchard, un zeste de contrôle, une touche de répression et quelques écoutes. Tous les ingrédients sont réunis pour garantir votre sécurité tout au long de ce questionnaire élaboré par la rédaction.
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Récemment rendus publics, les contrats passés par l'Etat avec les laboratoires pour la commande de vaccins H1N1 semblaient excessivement favorables aux fournisseurs. Les juristes interrogés par Rue89 confirment des dispositions exceptionnelles, acceptées pour obtenir rapidement les 94 millions de doses voulues par l'Etat.
Entre juillet et septembre, l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus), la grande pharmacie de l'Etat, a conclu des contrats avec quatre labos pour un montant de 712 millions d'euros, soit presque 10% du trou de la Sécu.
Or ces contrats, longtemps restés secrets, comportent des dispositions qui tentent de déroger au droit commun.
En cause, pour trois des contrats (Baxter, Novartis et Pasteur), des articles prévoyant par exemple :
« A titre dérogatoire et considérant les circonstances exceptionnelles qui caractérisent le présent marché, l'Etat s'engage à garantir le titulaire [du contrat] contre les conséquences de toute réclamation ou action judiciaire qui pourraient être élevées à l'encontre de ce dernier dans le cadre des opérations de vaccination, sauf en cas de faute du titulaire ou sauf en cas de livraison d'un produit non conforme aux spécifications décrites dans l'autorisation de mise sur le marche. »
En clair, si le produit est conforme, mais que des effets secondaires graves survenaient (type syndrôme de Guillain-Barré), les laboratoires n'auraient pas à supporter la charge financière d'éventuelles condamnations.
Ceinture et bretelles en quelque sorte, puisque les labos sont déjà protégés par contrat des conséquences financières, et depuis l'arrêté du 4 novembre, ils en sont aussi exonérés par la loi.
En vertu de ces dispositions, si une victime « ayant intérêt à agir » décidait de poursuivre un laboratoire après un effet secondaire grave, l'entreprise pourrait de se défausser sur l'Etat, qui devrait indemniser.
Interrogées par le député socialiste Gérard Bapt à l'Assemblée Nationale, Roselyne Bachelot justifiait :
« Le régime de responsabilité est similaire à celui prévu par l'article L. 3131-3 du code de la santé publique, qui s'applique en cas de grave menace sanitaire.
La particularité des conditions d'acquisition des vaccins est triple : menace sanitaire grave, vaccination d'un nombre très élevé de personnes, acquisition des vaccins effectuée alors qu'ils n'étaient pas encore pourvus d'autorisation de mise sur le marché. (…)
La perspective d'une pandémie a conduit à partager les responsabilités : la mise sur le marché d'un produit défectueux incombe aux laboratoires pharmaceutiques ; quant à la diffusion la plus large possible du vaccin, elle relève d'une décision politique dont je prends toute la mesure : elle incombe donc à l'Etat. »
Pas satisfait de la réponse apportée par la ministre, Gérard Bapt vient de lui écrire pour lui demander une réponse « plus circonstanciée au plan juridique ».
Bachelot invoque la « menace sanitaire grave », alors que, comme le précise le site officiel pandemie-grippale.org la France n'est qu'en phase 5 de l'échelle pandémique et pas en phase 6, la « pandémie » proprement dite.
La ministre fait pourtant référence, dans l'arrêté du 4 novembre 2009 qui lance la campagne vaccinale, au code de la santé publique (article L3131-1) donnant ainsi un fondement juridique à ces mesures d'urgence. Or, comme me l'a confirmé le cabinet de Roselyne Bachelot, on n'est pas actuellement dans le cas de la « menace sanitaire grave »… une formule sujette à interprétations.
Sous couvert d'anonymat, un magistrat confirme :
« Avec ces contrats, c'est le monde à l'envers : celui qui passe commande, l'Etat, prend tout à sa charge et n'exige aucune obligation, c'est assez inattendu. »
Les experts interrogés pensent que l'arrêté du 4 novembre renvoie à l'Office national d'indemnisation des victimes d'accidents médicaux (Oniam) qui indemnise les victimes des vaccins obligatoires. Mais le vaccin contre le H1N1 n'étant pas obligatoire, l'Oniam n'indemniserait que ceux qui auront su démontrer le lien de causalité direct et certain entre une pathologie et le vaccin. Quasi impossible.
Un contribuable pourrait cependant dès aujourd'hui saisir la Cour des comptes pour demander l'annulation de cette charge supplémentaire pour l'Etat. Et bientôt, des victimes pourraient demander à être indemnisées. La fausse couche d'une femme qui venait de se faire vacciner contre la grippe H1N1 ouvrira peut-être la voie.
Photo : poignée de porte anticontamination mise au point par une PME nantaise (Stéphane Mahé/Reuters)
Homme de gauche, mécène culturel, argentier de Ségolène Royal, soutien de Vincent Peillon, président des Parrains de SOS Racisme, fondateur de la maison de couture Yves-Saint-Laurent, collectionneur d'art, propriétaire du magazine Têtu… Pierre Bergé est tout cela à la fois.
Très au fait de l'actualité, il l'a commentée vertement ce vendredi dans Parlons Net, le club de la presse Internet de France Info, dont Rue89 et LeFigaro.fr sont partenaires. Florilège.
La querelle entre Ségolène Royal et Vincent Peillon : « Il s'agit de deux personnes que j'aime beaucoup. (…) Dans le cas de Dijon, si j'avais été Ségolène Royal, qui ne m'a pas demandé mon avis et je le regrette, je ne serais pas venu à Dijon, parce que je pense qu'un candidat à la présidence de la République est là pour rassembler et pas pour diviser. (…)
L'initiative de Vincent Peillon est une initiative qui me séduit beaucoup. (…) Cette gauche de progrès doit faire une alliance avec le MoDem et avec tous ceux qui se recommandent de la démocratie, de la liberté, du respect des autres. »
Le porte-parolat du socialiste Benoît Hamon : « Je ne crois pas à une gauche extrémiste qui croit encore à la lutte des classes et au grand soir. On laisse ça à Besancenot et peut-être à Benoît Hamon. Ça regarde le Parti socialiste d'avoir un porte-parole qui a été battu aux élections. C'est assez rare, bravo ! »
La Ve République de De Gaulle à Mitterrand : « François Mitterrand aurait dû dès son arrivée en 1981 mettre tout en place pour supprimer la Ve République.
Cette Ve République dont tout le monde s'est plus ou moins accommodé, qui a été faite sur mesure pour De Gaulle et par De Gaulle, dans laquelle évidemment un de ses adversaires, François Mitterrand, s'est glissé, mais on savait qu'avec lui on ne risquait pas grand-chose.
Cette Ve République, on le voit bien aujourd'hui, entretient une dérive autoritaire. (…) Il y a un risque, et ce risque est grave. »
La possible entrée d'Albert Camus au Panthéon : « Il n'y a pas que des génies au Panthéon, donc ça va très bien qu'il y soit. Camus n'est pas un écrivain que j'aime. Je trouve que c'est un écrivain pour instituteurs. Je pense qu'aujourd'hui Malraux et lui sont considérés comme deux serre-livres, qu'on pose sur des étagères et qu'on ne lit pas. »
Herman Van Rompuy, nouveau président de l'UE : « Je ne veux sûrement pas avoir un mot désobligeant pour Monsieur Van Rompuy, qui est à l'évidence quelqu'un de très très bien et qui l'a montré.
Pour autant, pour être le premier président de l'Europe, et ça ne devrait pas être rien l'Europe, on aurait eu besoin là d'un homme ou d'une femme très charismatique, déjà connu, très célèbre. (…) Je trouve ça un tout petit peu juste. » (Voir la vidéo)
Le Téléthon : « Je suis probablement l'une des rares personnes qui puissent s'opposer au Téléthon, parce que je suis myopathe. (…) Je n'accuse personne de détourner de l'argent. Mais j'accuse que 100 millions d'euros pour le Téléthon, ça ne sert à rien.
Les organisateurs du Téléthon ont trop d'argent. Ils achètent des immeubles. Ce n'est pas comme ça que les choses se font. Il y a un Téléthon aux Etats-Unis, mais son produit est partagé entre plusieurs organisations. (…)
Le Téléthon parasite la générosité des Français, d'une manière populiste, en montrant des enfants myopathes, en exhibant le malheur des enfants. Je trouve ça absolument inadmissible ! »
La littérature et lui : « Quand j'avais quinze ans, je voulais être écrivain. J'ai patrouillé sur les frontières de l'écriture, j'ai écrit plusieurs livres. (…) Mais je n'appelle pas ça être écrivain. Un écrivain, c'est autre chose. Un écrivain, c'est Céline. Un écrivain, c'est Giraudoux. (…) Je n'ai pas failli entrer à l'Académie française, j'ai voulu. Mais ils n'ont pas voulu de moi. »
Frédéric Mitterrand neutre sur l'opposition entre Marie Ndiaye et Eric Raoult : « Peut-être faudrait-il replacer ça dans un contexte précis, à savoir l'affaire Polanski. Je pense qu'au moment de l'affaire Polanski, Frédéric Mitterrand s'est aventuré un petit peu trop vite et un petit peu imprudemment.
Vous savez : chat échaudé craint l'eau froide. Donc depuis il ne prend pas beaucoup parti. Moi, je trouve que la position de Monsieur Raoult est absolument insultante, inacceptable et scandaleuse. »
La diplomatie française et la Chine : « Je sais très bien qu'il y a des exigences qui sont à la fois le commerce extérieur, à la fois l'influence politique d'un pays. Moi, je suis désolé, mais je pense que la France, pays de la Révolution, pays dans lequel les droits de l'homme ont été créés, se doit de porter cette parole toujours et toujours et encore. »
L'homoparentalité : « Je n'ai jamais eu envie d'enfants de ma vie. Mais je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas avoir d'enfants. (…) Evidemment que je suis pour l'homoparentalité. Il y a quelque chose qui existe dans la vie, c'est l'amour, tout le reste ne tient pas la route.
Quand j'ai entendu un député du Nord, Monsieur Vanneste, s'exprimer l'autre jour, mais on se demande même comment quelqu'un comme ça peut exister. (…) C'est une suite de mensonges, tout est mélangé. (…) Parce que naturellement tous les pédés sont pédophiles, c'est bien connu ! » (Voir la vidéo)
L'affaire Julien Dray : « Je n'ai jamais payé de Rolex à Julien Dray. (…) Mon amitié pour Julien Dray ne date pas d'hier et elle est intacte. Lui collectionne les montres, je ne vois pas pourquoi on porterait un jugement là-dessus.
A propos de jugement, je voudrais dire que Julien Dray n'est pas jugé, et moi je ne suis ni un procureur ni un avocat de la rumeur. Je déteste la rumeur. (…) Je ne crois pas qu'il se soit mis de l'argent dans la poche et je suis même sûr qu'il ne l'a pas fait. Donc il faut arrêter ce faux procès. »
Le magazine Têtu : « J'ai créé ce magazine il y a longtemps et aujourd'hui il fête son 150e numéro, c'est pas mal. (…) Le nouveau directeur de la rédaction s'appelle Gilles Wullus.
C'est un journal que j'aime, c'est un journal que j'ai créé parce que je pense que la communauté gay avait besoin d'un journal de la sorte, parce que je suis homosexuel et parce que je ne mets pas mon mouchoir ni sur ma sexualité ni sur mes idées ni sur mes goûts ni sur rien. »
Le livre de Frédéric Mitterrand : « On lui fait un très mauvais procès. Je l'ai lu ce livre. Arrêtons, Frédéric Mitterrand n'a jamais fait l'apologie de la pédophilie, donc je considère que c'est un faux procès. »
L'arrestation de Roman Polanski : « Il n'y a pas de justice à deux vitesses. Il n'y a pas la justice des riches et la justice des pauvres, la justice des gens célèbres et la justice des inconnus.
Polanski a été condamné et il doit purger sa peine. Arrêtons de voler au secours de Polanski, qui a fait de très beaux films, mais ceci n'excuse pas cela. » (Voir la vidéo)
Participant samedi à un colloque international pour la réforme des politiques antidrogues au Nouveau-Mexique, Jorge Castañeda, ministre des Affaires étrangères de l'ancien président mexicain Vincente Fox, a accusé l'armée mexicaine de pratiquer des exécutions extrajudiciaires de membres des cartels de trafiquants de drogues.
« Nous avons de plus en plus de “faux positifs” », a déclaré Castañeda, faisant référence au terme utilisé en Colombie pour désigner les civils exécutés par l'armée puis déclarés comme guérilleros tués au combat :
« Ici au Mexique, des meurtres attribués aux gangs sont en réalité le fait de l'armée. A chaque fois que les cartels éliminent un policier ou un militaire infiltrés, l'armée réplique : “Nous en tuerons dix des vôtres.” Selon les statistiques, 90% des meurtres sont l'oeuvre des cartels eux-mêmes, mais en réalité l'armée est impliquée. »
Le président Calderon a déployé l'armée face aux cartels en décembre 2006. Depuis, 15000 personnes ont été tuées dans des violences liées à la guerre à la drogue, dont 6000 cette année. Des centaines de policiers et de militaires comptent également parmi les victimes. Interrogé sur le fait de savoir s'il avait des preuves de ses accusations, Castañeda a déclaré :
« Le seul cas documenté s'est déroulé dans la ville de Chihuahua, où les corps de 29 sicarios (tueurs à la solde des trafiquants) ont été retrouvés. Des témoins ont déclaré que ces personnes avaient été précédemment détenues par les autorités. La presse n'a pas voulu enquêter là-dessus. »
Mais l'armée ne sera pas capable de garder le silence longtemps pour Castañeda :
« Ils fréquentent des bars, des restaurants, ils se saoulent, parlent et lancent à la cantonade combien de personnes ils ont élimées. C'est à cause des 12 militaires tués par les cartels à Michoacan que cette opération a été menée par l'armée. »
Ces accusations arrivent au moment où le Département d'Etat américain entame le processus de certification du Mexique sur le plan des droits de l'homme, l'une des conditions pour l'attribution des 1,4 milliard de dollars de l'Initiative Merida contre la drogue. Si le Département d'Etat estime que le Mexique ne respecte pas les droits de l'homme, des pans entiers de l'initiative pourraient être annulés.
Castañeda a également accusé le président Obama de détourner le regard des violations des droits de l'homme par l'armée mexicaine :
« Obama a déclaré que les violations des droits de l'homme qui l'inquiétaient le plus concernaient les victimes de la guerre à la drogue. »
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► Traduit de l'américain par Arnaud Aubron